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Apr 20, 2012

En prévision de dimanche à 20h

Depuis quelques jours, c'est l'affolement général : les premières estimations des résultats du premier tour de l'élection présidentielle seront disponibles en ligne vers 18h30 (puisqu'il n'y aura apparemment pas de sondages sortie des urnes, qui aurait été disponibles encore plus tôt), c'est-à-dire avant la fermeture des derniers bureaux (à 20h).

On peut s'étonner que la situation ne soit abordée que maintenant, car elle n'a rien de surprenant. L'émission "Des cliques et des claques", sur Europe1, s'était par exemple penchée sur la question il y a plusieurs mois. L'un des membres de l'équipe de l'émission, Guy Birenbaum, avait même abordé le sujet encore plus tôt, il y a un an.

Il sera forcément difficile d'évaluer l'impact de la diffusion prématurée des résultats. Pour l'instant, on peut déjà regarder l'écart habituel entre estimations et résultats finaux lors des précédents scrutins. Une différence inhabituelle en 2012 pourrait être le signe d'un fort impact.

En 2002, France2 nous annonce 28.5% d'abstention, puis donne, à 20h, J. Chirac à 20%, J.M. Le Pen à 17%, L. Jospin à 16% et F. Bayrou à 6.6%. On peut par exemple revoir cette soirée électorale sur le site de l'INA, et des extraits sur YouTube. Les résultats officiels, tels que validés par le Conseil Constitutionnel, sont les suivants : 28.4% d'abstention, 19.9% des suffrages exprimés pour J. Chirac, 16.9% pour J.M. Le Pen, 16.2% pour L. Jopsin, et 6.8% pour F. Bayrou. La participation est donc donnée à 40,000 voix près, et les estimations de score varient de moins de 55,000 voix des résultats finaux.

Cela laisse penser que l'impact des fuites serait facile à détecter, mais les élections suivantes, cinq ans plus tard, vont dans le sens contraire.

En 2007, France2 donne 29.6% pour N. Sarkozy, 25.1% pour S. Royal, 18.7% pour F. Bayrou, et 11.5% pour J.M. Le Pen. Là encore, l'annonce est disponibles en ligne. Je ne retrouve pas de vidéo de l'annonce de l'abstention mais, selon le site d'IPSOS, ils l'avaient estimée à 15.5%. Les résultats officiels donnent 31.2% à N. Sarkozy, 25.9% à S. Royal, 18.6% à F. Bayrou, et 10.4% à J.M. Le Pen. L'abstention était quant à elle de 16.2% (une erreur de 325,000 voix). Pour trois de ces candidats, l'écart est supérieur à 0.6 point de pourcentage, ce qui représente environ 220,000 voix compte tenu de la participation. Pour J.M. Le Pen, l'écart monte même à 400,000 voix.

Si on remonte jusqu'en 1995, France 2 annonce l'abstention à 19.6%. J'ai quelques problèmes pour lire la vidéo, mais vers 35 minutes, ces résultats sont disponibles : 23.4% pour L. Jospin, 20% pour J. Chirac, 18.5% pour E. Balladur et 15.7% J.M. Le Pen. Les résultats officiels placent l'abstention à 21.6%, et donnent 23.3% à L. Jospin, 20.8% à J. Chirac, 18.6% à E. Balladur et 15% à J.M. Le Pen. Pour deux des candidats, l'écart est supérieur à 0.7 point de pourcentage (soit environ 210,000 voix vus les suffrages exprimés à l'époque).

On pourrait aller plus loin, et par exemple regarder combien de personnes ont voté entre 18h et 20h aux précédentes élections aux précédentes élections, et regarder si cette proportion augmente cette année. Je n'ai pas les chiffres, mais si quelqu'un veut se pencher là-dessus, l'information sera la bienvenue dans les commentaires.

Il est évident que les estimations vont largement circuler, notamment sur Twitter, et il est raisonnable de penser qu'elles puissent avoir un impact. Par contre, à moins que les variations entre ces estimations et les résultats finaux soient supérieures à un point de pourcentage pour plusieurs candidats, il sera très difficile d'être certain du rôle qu'elles auront joué.

Mar 9, 2012

Un simple voeu

Dans deux jours, dimanche 11 mars, nous serons très précisément à six semaines des élections présidentielles en France, mais aussi tout juste un an après le tremblement de terre au Japon. Cela ne laisse pas beaucoup d'espoir quant au traitement que les candidats et les principaux responsables politiques feront de ce premier anniversaire.

J'ai pourtant un voeu : que l'un d'entre eux, au lieu de venir nous parler encore fois du nucléaire (que ce soit pour le défendre ou en souhaiter la sortie), remette les choses dans leur contexte.

Ne serait-il pas appréciable, pour une fois, d'entendre ceci ?
"Aujourd'hui n'est pas le jour pour parler du nucléaire. Nous l'avons fait, et nous continuerons à le faire. Personne ne va oublier ce qu'il s'est passé à Fukushima. Mais il y a un an, le tremblement de terre et le tsunami ont tué plus de 15,000 personnes, et plus de 300,000 personnes ont été sinistrées. Le débat peut attendre 24 heures."

Un peu de dignité, cela n'a jamais de mal, surtout en période électorale.
Réponse dimanche soir...

Nov 11, 2011

Le livre est prêt !

Project Biwa a été mise en place en réponse au tremblement de terre et tsunami du 11 mars, pour récolter des fonds pour les efforts de sauvetage et plus tard de reconstruction.
Aujourd'hui, huit mois après, nous vous annonçons la dernière étape de ce projet : le livre est disponible dès maintenant.

Avant de vous donner le lien, voici quelques informations.
Le livre est disponible chez Blurb, en version papier ou ebook.

Le profit réalisé sur chaque vente sera intégralement reversé à la Croix Rouge Japonaise. Par manque de temps, il n'a pas été possible de mettre en place un système pour faire le transfert automatiquement donc nous le ferons de façon manuelle, mais complètement transparente. A intervalles réguliers, le point sera fait, sur ce blog, sur les ventes et le versement des bénéfices.

Le livre est disponible en trois versions (couverture souple, couverture rigide, ebook), pour lesquels le profit est respectivement €3, €4 et €2.50.

Le prix total pour le livre est donc €23.95, €31.95 et €3.99.
Comme le livre est imprimé à chaque commande, le prix de base (sur lequel nous n'avons aucun contrôle) est un peu plus élevé que pour des livres dont des centaines d'exemplaires sont imprimés dès leur sortie.
Selon l'évolution des commandes, nous ferons peut-être évolué le montant du profit, pour maximiser les revenus versés à la Croix Rouge. Dans un tel cas, nous vous tiendrons bien entendu au courant en avance.

Pour acheter le livre, il suffit d'aller sur le site de Blurb, et de choisir l'édition que vous préférez : cliquer ici.

Si vous avez des questions, merci de laisser un commentaire ci-dessous.
Pour toutes les informations sur le projet, vous pouvez cliquer sur le label correspondant, ou nous suivre sur notre page Facebook.

Merci pour votre soutien tout au long de projet.

Apr 7, 2011

Quelques détails sur "Project Biwa"

J'ai détaillé dans un message posté la semaine dernière un projet que j'ai lancé en réponse au tremblement de terre et tsunami du 11 mars.

Puisque la plupart des messages en rapport avec ce projet seront en anglais, je vais regrouper ici les informations les plus importantes sur "Project Biwa". Si le besoin s'en fait sentir, d'autres messages en français suivront peut-être. N'hésitez pas à poser vos questions, dans les commentaires ci-dessous et via l'adresse que j'ai créée pour le projet.

Ce projet est une tentative de réponse à une inaptitude. Inaptitude à aller aider directement dans les régions sinistrées. Mon niveau de japonais et mon manque de qualifications utiles (premiers secours, aide psychologique, chauffeur d'engins, etc.) feraient de moi un boulet plus qu'un soutien, et ce n'est vraiment pas le but. Inaptitude à soutenir financièrement les efforts en cours et à venir. J'ai contribué à la hauteur de mes moyens, mais cela ne sera pas suffisant (même si chaque don est toujours utile).

Face à cette double inaptitude, et inspiré par des projets originaux (cf. mon message initial en anglais), Project Biwa se base sur une triple motivation :

  • Faire revenir les touristes au Japon. Leurs contributions à l'économie japonaise sera plus grande que n'importe lequel des dons que je pourrais faire.

  • Attirer des dons vers les organisations qui en ont besoin. Même si chaque don est faible, la somme de ceux-ci peut représenter une aide non négligeable.

  • Mettre, à mon modeste niveau, un peu de baume au coeur aux japonais en leur rappelant la beauté de leur pays et en leur montrant le soutien de tous.



En pratique, le projet est relativement simple : une boucle de 200km autour du lac Biwa, ce qui représente une distance totale d'environ 300km depuis mon domicile, parcourue en vélo sur trois jours. Au fil de ce voyage, des photos seront prises pour documenter la beauté de la région, et elles seront rassemblées dans un livre dont les bénéfices iront intégralement à la Croix Rouge japonaise.

Étant donné que mon vélo n'est pas du tout adapté à ce genre d'aventures (lourd, une seule vitesse, etc.), j'ai déjà commencé l’entraînement et espère accumuler environ 1000km d'ici fin mai.

Pour me soutenir durant la préparation, vous pouvez verser des dons (il n'y a pas de contribution trop petite, le nombre fera la différence) sur une page spécialement créée sur GlobalGiving. L'argent versé est automatiquement dirigé vers leur "Earthquake and Tsunami Relief Fund", qui finance de multiple organisations présentes sur le terrain, telles "Save the Children", "International Medical Corps", "Japan Platform" (réseau d'ONG et entreprises japonaises) et "Civic Force". Merci d'avance de votre soutien !

Cette page n'est disponible qu'en anglais, mais je pense que son fonctionnement est suffisamment simple. Si vous avez la moindre difficulté, vous pouvez laisser un message en commentaire ici.

Mar 23, 2011

Lassitude

(Quick disclaimer: this is a follow-up on my previous post. English is coming back here soon, I promise.)


Depuis quelques jours, je prépare un message devant faire suite à mon précédent texte (à lire ici). Dans cette optique, j'avais mis de coté quelques articles, représentatifs du niveau déplorable d'une part des médias ou donnant un aperçu du sentiment des étrangers ayant décidé de ne pas quitter le Japon.

Finalement, après plusieurs jours où le principal sentiment face à la couverture internationale des évènements au Japon était de la colère, je ressens principalement de la lassitude.

Si des personnes sont encore dupes face au sensationnalisme, je ne pense pas pouvoir faire beaucoup plus. Une petite remarque tout de même, en tentative de la dernière chance : si la situation était si grave, l'apocalypse si imminente, les journalistes n'auraient-ils pas eu moins d'empressement à délaisser le Japon pour aller couvrir la Libye ?

Ce long message ne verra donc probablement jamais le jour.

Par contre, j'ai tendance à ne pas trop apprécier quand on me prend pour un idiot, que ce soit directement, à un travers un message adressé à un groupe dont je fais partie ou à cause d'une décision censée me représenter.

Je n'apprécie pas, par exemple, que mon pays ait décidé de prendre une décision d'évacuation (on peut l'appeler comme on veut, cela ne change rien) qui va à l'opposé des avis des experts (français et internationaux). Soit ces experts sont bons, et on suit leur recommandation. Soit ils sont mauvais, et on en change.

Je n'apprécie pas, non plus, que cette décision ait visiblement été prise pour des raisons de politique intérieure. En bref, il n'y a pas de raison d'évacuer, mais puisque les médias en font trop, il faut donner l'impression d'agir. Le soupçon d'une gestion à la Tchernobyl, en pleine semaine électorale, vous n'y pensez pas ! Et tant pis si cette sur-réaction entraîne automatiquement une surenchère des médias.

Je n'apprécie pas, enfin, qu'on élude les questions sur cette décision. Les médias ne sont visiblement guère intéressés par le manque de crédibilité de cette décision, ou même par les impacts qu'elle aura. Les autorités, de leur coté, ne semblent pas pressées de s'expliquer. Je ne parle pas ici de l'ambassade (qui a certainement géré la situation au mieux de ses moyens et qui n'est probablement pas à la source d'une décision si lourde), mais du gouvernement.

Un bon nombre de français du Japon en colère s'expriment sur Internet. Il serait bon que cela ne reste pas sans réponse. Il est également possible d'écrire au Président de la République. Vous aurez peut-être plus de chance que moi. En réponse aux questions que je soulève sur les raisons de l'évacuation, on m'assure "qu'il a été pris connaissance de mes réflexions". Me voilà bien avancé.

Bien sûr, un journaliste aurait plus de chance d'obtenir une réponse, mais j'attends toujours que la question soit posée.

Les parlementaires du groupe d'amitié France-Japon pourraient aussi prendre de la distance face à la gestion officielle de la crise. Il ne faut négliger l'impact potentiel des jours qui viennent de s'écouler. Entre les conseils aux départs, la polémique avec les autorités japonaises autour de l'envoi de secouristes à Sendai et le projet avorté d'une visite du Président au Japon censée montrer notre solidarité (nous ne sommes plus solidaires, finalement?), beaucoup de signaux négatifs sont envoyés aux japonais ces derniers temps.

Pour finir, je me permets de vous rappeler que vous pouvez aider le Japon en faisant un don à la Croix Rouge (par exemple ici pour les lecteurs basés en France) ou à une autre organisation qui aura votre confiance. Si vos moyens ne vous permettent pas de faire un don, il existe d'autres initiatives. Vous pouvez par exemple aller regarder les vidéos mises en ligne sur partners4japan. Grâce à un partenariat entre YouTube Japan et ces créateurs vivant au Japon, tous les revenus publicitaires liés à ces vidéos seront reversés à la Croix Rouge japonaise.

Mar 17, 2011

Où est le journalisme ?

(Quick disclaimer: I do not usually post long messages on this blog, and I normally mostly use English. The current circumstances require a brief change to this policy.)



Vendredi 11 mars, un très violent tremblement de terre a eu lieu au large des côtes japonaises, au niveau de la ville de Sendai. Les images de cette secousse et du raz-de-marée qu'il a engendré ont fait le tour du monde, mais les dizaines, centaines de milliers de personnes touchées par cet événement ont rapidement été oubliées.

Très vite, l'attention internationale s'est focalisée sur la situation des réacteurs nucléaires situées dans la préfecture de Fukushima. La situation y est-elle grave ? Sans aucun doute, oui. Est-elle plus préoccupante que la situation des sinistrés ? La question mériterait d'être posée sérieusement.

Chaque reportage sur ces centrales ne peut s'empêcher de faire une comparaison avec Tchernobyl. Puisque cela semble un passage obligé, faisons une brève comparaison.

A l'époque, le fameux nuage avait passé les frontières, malgré les messages rassurant des autorités. Ce décalage serait apparemment suffisant pour douter des autorités japonaises.

En 1986, les compteurs Geiger existaient. Rien n'empêchait donc un journaliste de s'équiper et de vérifier sur le terrain si les messages correspondaient à la réalité. Je n'avais que quatre ans à l'époque, mais il ne me semble pas que la ligne officielle avait été fortement remise en cause.

L'histoire de ce nuage serait-il donc autant un mensonge des autorités qu'un échec des journalistes de l'époque ? Cela expliquerait la remise en cause des messages émis en ce moment au Japon.

La plus grosse différence est que, cette fois-ci, des mesures indépendantes existent, et certaines sont accessibles en ligne. Jusqu'à preuve du contraire, les niveaux relevés à Tokyo par les autorités et par les points de mesure indépendants concordent, et ne sont à l'heure actuelle pas inquiétant.

La position de la plupart des ambassades est d'ailleurs sur la même ligne que les autorités japonaises. Canada, Royaume-Uni et Etats-Unis suivent la situation de près, en raison du nombre de leurs ressortissants sur place. Tous font confiance à la gestion japonaise.

Le conseiller scientifique du gouvernement britannique, Sir John Beddington, explique par exemple, après discussion avec des experts, que Tokyo n'est pas menacée, même si les vents tournaient.

Ces experts sont-ils crédibles ? Si ils le sont, nous sommes en droit de nous demander pourquoi cette information n'est pas reprise plus largement, en France et ailleurs.
Si ils ne sont pas crédibles, ne serait-il pas dans le rôle des journalistes de nous expliquer pour quelles raisons, de les interroger de façon précise, de les amener à admettre ce supposé manque de crédibilité ?

L'ambassade française diffuse des messages plus pessimistes que les autres représentations officielles. Est-ce parce que les experts français sont plus compétents, ou mieux informés ?

Des français encore présents à Tokyo (oui, il y en a) ont participé à une réunion d'information à laquelle était présente, selon les témoignages circulant en ligne, un ingénieur français dépêché sur place, et spécialiste de la gestion des crises dues aux incidents nucléaires.

Cet ingénieur aurait assuré que la communication de la société TEPCO est fiable, et que Tokyo n'est pas menacée, et ce même si les vents changeaient de direction. Cela ressemble fortement à l'analyse britannique. Cette information a-t-elle été reprise ? La véracité de ces témoignages et la crédibilité de l'expert ont-elles été vérifiées ? A-t-on cherché à comprendre l'attitude de l'ambassade à la lumière de ces déclarations ?

Les français encore au Japon, leurs familles en France, et le pays dans son ensemble, auraient apprécié l'effort.

Je lis ici ou là que les messages officiels ne seraient pas crédibles car ils chercheraient à minimiser la gravité de la situation, par exemple pour sauver la filière du nucléaire civil. Permettez-moi de douter de cela.

Je suis suffisamment cynique pour considérer que lors de petits incidents, les personnes responsables soient tentées par de telles mesures, et y aient parfois recours.

Il faut néanmoins être réaliste. La situation actuelle ne se prête à ce genre d'arrangements. Il est évident que, une fois la crise terminée, la direction de TEPCO aura beaucoup de mal à rester en place. L'accident est allé trop loin, et a duré trop longtemps, pour que la page soit tournée si simplement. Qui pourrait croire qu'ils n'en sont pas conscient ?

De même Naoto Kan ne se fait probablement pas d'illusion sur son avenir politique. Avant le tremblement de terre, il n'était qu'à quelques heures ou jours de perdre sa place. Etant donnée la durée de vie des gouvernements japonais, sa carrière risque de prendre fin en même temps que la crise actuelle. Minimiser les risques n'y changera rien.

Il ne s'agit plus de mentir pour couvrir une petite fuite qui serait sans grand danger pour la population autour d'une centrale encore en activité. La centrale ne sera plus utilisable. Une zone de 20km a été évacuée. Le monde entier suit l'évolution. Il n'y a plus rien à minimiser. Je ne peux me résoudre à penser que ces officiels seraient prêts à laisser les habitants de Tokyo en danger pour sauver une carrière déjà condamnée.

Il est intéressant, enfin, de se rappeler novembre 2005, et la surprise devant la réaction internationale face aux émeutes dans les banlieues. On s'étonnait de voir les Etats-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, ou encore le Canada, recommander la prudence à leur ressortissants. On se lamentait du traitement sensationnaliste de certains médias étrangers, et on critiquait même parfois l'attitude de leurs envoyés spéciaux.

Presque six ans plus tard les japonais, et les résidents étrangers dans le pays, s'étonnent d'entendre parler de panique à Tokyo, d'apocalypse nucléaire, et d'un traitement médiatique laissant entendre que le pays entier est paralysé.

Les envoyés spéciaux nous racontent la situation de la capitale depuis Osaka, plusieurs centaines de kilomètres au sud, où il ne se passe rien depuis vendredi dernier.


Dimitri Perrin
17 mars 2011, Osaka.